Notre Continent, en matière de gouvernance, a vécu plusieurs époques qui ont malheureusement été autant d’occasions ratées pour le faire entrer dans l’ère du partenariat et de la collaboration entre les populations et leurs élites ; collaboration et partenariat indispensables à l’édification d’une collectivité prospère et harmonieuse.

Après une période coloniale traumatisante et déstructurante, nous sommes entrés dans l’époque des libérateurs, les présidents fondateurs, pères de la nation, leaders éclairés devant nous conduire vers des rivages de prospérité, d’unité et de bonheur. On sait ce qu’il en a été : culte de la personnalité, parti unique, pensée unique, leader incontesté et incontestable, parti pour durer car il est seul à savoir la vérité, celle qu’il nous faut : Dictature, pas d’opposition, fuite en avant et finalement Échec !

Nous avons ensuite vécu l’époque des militaires rédempteurs, les soldats de la prospérité, l’autorité personnifiée, souvent aussi dépourvus d’idées et de compétences que pourvus de férocité et d’autorité. On sait ce qu’il en a été : culte de la personnalité, pensée unique, leader incontesté et incontestable, dictature, opposition bâillonnée, fuite en avant et finalement Échec !

Nous vivons l’époque dite démocratique avec selon le choix un pouvoir, celui du président fondateur ou du militaire rédempteur ou de l’opposant historique, qui martèle le même discours, celui de lendemain meilleur, à une population qui y croit de moins en moins à force d’y croire et d’être déçu. Une époque où la référence unique est devenue le matériel, l’argent, la possession dans un contexte où les moyens sont rares profitant de ce fait à une minorité de plus en plus restreinte face à une majorité de plus en plus grande. Un contexte qui nous amène vers la même conclusion Échec !

Notre pays illustre bien ces trois époques et les a, à peu près, vécu. Ces trois époques qui ont le même dénominateur et qui partagent la même constante : le mépris du peuple, sa marginalisation finissant par faire de lui un spectateur de son propre destin. Méprisé et marginalisé par des idéologies appliquées en son nom qu’on n’a pas pris la peine de lui expliquer. Méprisé et marginalisé par la force brutale qui lui fait comprendre que le domaine public ne le concerne pas. Méprise et marginalisé par l’absence de culture politique qu’on encourage en lui. Méprisé et marginalisé par le mensonge, les promesses sans lendemain, l’achat de conscience ou encore la fraude.

Il est temps, après cinquante ans d’échec, que notre pays et notre continent empruntent le chemin indispensable à tout progrès collectif : celui de la collaboration et du partenariat entre le peuple et ses leaders. Ce chemin n’a pas besoin d’homme providentiel ou de leader maximo mais de responsables normaux. Nous devons maintenant et enfin, après cette histoire tumultueuse, retrouver simplement et calmement le chemin de la normalité.

Cette normalité sera celle d’hommes et de femmes exerçant simplement leur responsabilité, mus par l’intérêt collectif, travaillant main dans la main avec les citoyens qu’ils aideront à comprendre, à proposer et contester, à agir pour qu’ensemble nous avancions sur les sentiers du progrès. D’hommes et de femmes qui exercent leur responsabilité un temps et se retirent dans le cadre de réelles alternances permettant à d’autres de venir continuer leurs œuvres. D’hommes et de femmes soutenant la transparence et toutes les forces de la société civile.

La crise actuelle, sécuritaire, économique, politique et morale, a bien besoin de ces hommes et des relations saines qu’ils instaureront avec le malien pour être définitivement résolue. Cela passe par des propositions nouvelles, la restauration de l’estime et du respect pour les élites,  un « nouveau contrat de confiance ».

Nous œuvrerons à l’établissement de ce contrat à travers les différentes propositions contenues dans ce chapitre de notre projet de société.

Nous œuvrerons à l’établissement de ce contrat à travers une vraie démocratie, celle qui voit une majorité gouverner, une opposition s’opposer et une société civile vigilante et exigeante. Une démocratie où le citoyen jouera pleinement son rôle et sanctionnera les élites incapables et inefficaces.

Nous œuvrerons à l’établissement de ce contrat par un leadership qui fera de la bonne gouvernance son cheval de bataille, une gouvernance responsable et visionnaire, associant les populations et travaillant à leur seul profit.

Nous œuvrerons enfin à l’établissement de ce contrat par une véritable guerre contre la corruption. La guerre qui nécessitera plusieurs bataillons de responsables déterminés (élites, contrôleurs, magistrats et hommes de droit). La guerre qui aura besoin de toutes nos intelligences et de tous nos savoirs faire. La guerre au titre de laquelle les tactiques militaires les plus abouties seront utilisées pour détruire définitivement cet ennemi d’autant plus implacable qu’il est en nous-mêmes, qu’il est nous-mêmes. Nous y arriverons et nous ferons du Mali une terre d’équité entre les hommes, de justice pour les plus faibles et de prospérité pour tous. Servis par une démocratie de nouveau exemplaire.

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